zondag 25 december 2011

OA sur le S

En plein mois d'août le capitaine Raymond Dequoye fut contacté. L'ordre venait de haut. Il fallait à tout prix faire l'échange des microfilms avant l'après-midi, car il avait pris rendez-vous avec sa cible vers deux heures. Le tout devait arriver à l'insu de tous, de façon à ce que les agents étrangers n'y voient que du feu.
Sur le S, une bousculade à hauteur de l'arrêt Porte Champerret lui donna l'occasion d'effectuer l'échange. Le sergeant Arthur Oulipot, descendant du bus, lui arracha le chapeau de la tête, et gesticula bêtement en l'agitant lorsque le bus démarra, donnant à tous l'impression d'un incident sans importance. Dequoye était extrêmement satisfait.
Deux heures plus tard, il discutait avec le général Lanas à l'arrêt Saint-Lazaire. Une caméra cachée dans le bouton supérieur de son par-dessus fit parvenir par sattéllite le visage de son adversaire au Q.G. qui immédiatement compara le visage avec les données du microfilm, qui décrivaient en détail les opérations de chirurgie esthétique qu'avait subies le dirigeant de l'OAS. Il n'y avait plus aucun doute, et l'ordre fut donné à Oulipot, stratégiquement placé dans le S qui passa à cet instant même, de donner le signe convenu à Dequoye, lui donnant ainsi le feu vert pour terminer sa mission.

Le bus était bondé d'individus de toutes sortes, qui forcément interprèteraient leur perceptions de mille différentes façons. Ce qui était essentiel pour que le plan de Dequoye fonctionne. "C'est une question de style", pensa-t-il tout bas alors que le bus tourna le coin de la rue et qu'il sortit son Ruger MK II pourvu d'un silencieux.

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